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Enfin, c'est dit!

Les sanofi sont sur le pavé depuis le mois de juin. Les sanofi dérangent à Toulouse, Montpellier et même en région parisienne.

Ils ne veulent pas entendre parler de plan de suppression d'emploi

Ils veulent travailler en France et faire de la recherche en France

 

Les médias s'en contrefoutent... Très peu de reportages, mais par contre la direction communique à sa façon

 

Argent, licenciements, lobbies : Sanofi sort l’arme lourde en 3 points

Dans le conflit qui les oppose à leurs salariés, Chris Viehbacher et Christian Lajoux ont décidé de riposter avec l'arme nucléaire en retournant le gigantesque dispositif de communication de Sanofi ... contre ses propres salariés. Dans le Monde du 03/10/2012, nous apprenons que le "nettoyeur" est "Paul Boury, un des meilleurs lobbyistes de Paris... et ami proche de François Hollande (les deux hommes se sont côtoyés à HEC au milieu des années 70)."

Lire à ce sujet : "Sanofi, une restructuration sous haute tension", Le Monde du 03 octobre 2012
C'est le même Paul Boury que Viehbacher avait envoyé vers Odile Renaud-Basso, directrice adjointe de cabinet de Jean-Marc Ayrault pour faire plier un Montebourg peu compréhensif des malheurs qui frappent celle qui devrait devenir d'ici quelques heures la première entreprise du CAC 40 (Sanofi pourrait détrôner Total en Bourse, Le Monde du 09 octobre 2012).
Dans l'article du 03 octobre, Le Monde nous présente brièvement le cabinet Boury-Talon & Associés, "le nouveau Anne Méaux de la gauche". Le cabinet de lobbying rédige plusieurs notes pour Matignon sur le thème "la recherche interne de Sanofi est en panne" et souffre "d'une organisation trop complexe et peu productive" d'où la nécessité de procéder à une "refonte profonde du modèle de recherche, pour recréer les conditions d'une dynamique de succès".
En s'offrant les services de l'un des plus influents cabinets de lobbying de Paris, Chris Viehbacher et Christian Lajoux ne feront pas de cadeaux aux salariés français de leur propre entreprise. L'objectif sera de discréditer leur travail pour justifier les plans sociaux.

Attendons-nous donc à voir fleurir spontanément des articles dans la Presse sur le thème : "Sanofi va mal. Les chercheurs de Sanofi sont des mauvais, incapables de trouver des molécules. Ils nous ont coûté des milliards pour rien. Nous n'avons pas d'autres choix que de restructurer".

Bien compris ?

- Premier point : l'entreprise et le secteur pharmaceutique vont mal.
- Second point : c'est à cause des chercheurs. "La recherche interne est en panne" et souffre d'une organisation trop complexe et peu productive". Ils nous ont coûté de l'argent pour rien.
- De là découle logiquement le troisième point : On réorganise ! Ils n'ont que ce qu'ils méritent.

Il n'y a plus qu'à demander à une presse française docile et complaisante de reprendre ces 3 points et d'oeuvrer. L'article du Monde est extraordinaire car il nous a offert un éclairage a priori sur la campagne de lobbying qui va pouvoir commencer.

Challenges. Que dit le lobbyiste cette semaine ?

C'est Challenges qui ouvre le bal le 04 octobre avec un dossier très étoffé intitulé "la vérité sur l'état de la recherche à Sanofi". La ligne de l'article reproduit à la virgule près les thématiques du cabinet Boury-Talon & Associés.
Challenges commence par valoriser Sanofi en expliquant que le modèle économique ne semble "pas trop mal se porter avec 8,8 milliards d'euros de bénéfice net dégagé, soit la bagatelle de 25% du chiffre d'affaires. Deux fois mieux que le leader mondial du luxe, LVMH !" C'est vrai, ça aurait pu être pire... Mais le magazine annonce la dure réalité. la "falaise des brevets", les génériques, le chiffre d'affaires et les profits qui s'envolent...
Bref, l'entreprise va mal, ça, c'est le premier point.
"Et Sanofi est particulièrement mal en point". Christian Lajoux qui déclare "Dépenser 25 milliards d'euros pendant cinq ans pour jeter 40% de projets à la poubelle, ce n'est plus acceptable. C'est le deuxième point
Alors on restructure. Troisième point. Le journaliste a l'honnêteté de souligner que le groupe a déjà procédé à de nombreuses restructurations hasardeuses sous les conseils d'Elias Zerhouni, "celui qui, pourtant, a conseillé le patron pendant deux ans durant chamboule tout à nouveau". Ce même Elias Zerhouni qui vient d'être nommé à la tête de la R&D expérimente dans le social...

Et à chaque restructuration, on attribue un nom, un peu comme une offensive américaine dans un pays du Moyen-Orient. Après l'"Opération Transforming", voici l'"Opération Leap" (le bon en avant). Un joli nom aide à faire passer les pires des massacres. Pourquoi les bonnes vieilles recettes des militaires ne pourraient-elles pas être applicables dans le civil ?
Le journaliste achève son article en mettant en garde contre le risque de faire fuir certains pontes. Autant en faveur du plan social.

L'Usine Nouvelle

Le même jour, le 4 octobre, l'Usine Nouvelle publie également un dossier sur Sanofi. Une extraordinaire coïncidence. Le cabinet Boury-Talon & Associés ne chôme pas.
Le dossier s'intitule "Pharmacie : c'est grave, docteur..." en première page, les 3 points sont clairement indiqués :
Symptôme. En moins d'un an, sept plans sociaux ont été annoncés par des laboratoires pharmaceutiques en France, dont celui de Sanofi qui concerne au moins 900 postes. C'est le premier point.
Diagnostic. C'est une maladie chronique qui ronge l'industrie pharmaceutiques française. Son origine ? Un investissement trop tardif dans les biotechnologies et une panne d'innovation dans les centres de R&D. Je cite mot pour mot. C'est le deuxième point.
Traitement. Pour limiter la casse sociale et la désindustrialisation, l'Usine Nouvelle a repéré huit bonnes pratiques, que Sanofi pourrait notamment appliquer. Tiens ! Ca ne ressemble pas au 3° point...
Ah non ! Le 3° point, c'est l'interview de Christian Lajoux qui suit : "Nous ne voulons pas devenir PSA". "Et finalement, 900 suppressions de postes d’ici 2015, c’est moins de 3% de nos salariés, ce qui veut dire moins de 1% par an !"

Le Figaro s'y met aussi !

Décidément, encore le 4 octobre, une communication du Figaro cette fois-ci intitulée "Médicaments : la production française en difficulté". Même scénario : l'heure est grave, les chercheurs ne trouvent pas, il faut des mesures concrètes. Premier et deuxième point.
Avec l'entrée en jeu du cabinet Boury-Talon & Associés, le vent médiatique risque de tourner en faveur de la Direction de Sanofi. Nul doute que la presse ne manquera pas de plaindre le secteur de l'industrie pharmaceutique et tout particulièrement Sanofi pour contribuer à faire passer la pilule des plans sociaux.
Convaincre de la mauvaise santé de Sanofi est d'autant plus remarquable qu'elle va devenir la première entreprise du CAC 40. Lire le nouvel article du Figaro : Sanofi pèse aussi lourd que Total en Bourse. La gestion de Viehbacher est décidément exemplaire. Ah au fait ! C'est le troisième point !

 


11/10/2012
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